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POURQUOI NOUS DISONS NON À L’AGROPARC PENEDÈS DU GROUPE AMETLLER ORIGEN
Gelida, 24 avril 2023
En octobre 2021, en collaboration avec la mairie de Gelida, le Groupe Ametller a présenté dans cette commune son nouveau projet “Agroparc Penedès” [1].
Il s’agissait d’une reformulation et d’une extension du projet qui avait déjà été présenté en 2017, contre lequel nous avions déjà exprimé notre voix en raison des conséquences négatives qu'il pourrait avoir pour notre territoire. À l'époque, il a été mis de côté car Ametller ne disposait pas de terrain industriel pour pouvoir implanter toute son activité. Avec l’acquisition de Can Joncoses -terrain agricole requalifié en tant que terrain constructible, mais jamais développé-, le projet double, passant de 121 ha à 258 ha.
Avec le nouveau projet initialement approuvé par la mairie en décembre 2022 [2], la superficie augmente à 322 ha, les serres occupent 21 ha et le parc industriel 23 ha.
Bien que l’Agroparc soit présenté comme un projet de “cycle fermé”, vertueux et complet, la réalité est qu'il impliquera l'application tordue de la réglementation de l'aménagement du territoire pour parvenir à l'implantation simultanée d'une usine de produits transformés, d'un parc photovoltaïque, d'élevages et de cultures intensives en serres sur des terres sèches de vigne protégée, entre autres choses. Depuis StopAgroparc nous réaffirmons notre opposition et disons clairement que NON.
Parmi d'autres raisons, nous trouvons les suivantes POINTS ESSENTIELS:
1. On souhaite appliquer de manière biaisée le plan d'aménagement territorial en vigueur.
La réalisation de l'Agroparc nécessite une interprétation abusive de l'article 1.14 du Plan Territorial Métropolitain de Barcelone (PTMB), qui permet des actions d'intérêt territorial non prévues. Cette interprétation ouvre la porte à la transformation du paysage et du système productif du territoire par l'implantation d'agriculture intensive et d'installations diverses nécessitant d'importantes quantités d'espace, d'énergie et d'eau.
Cela mettra fin au consensus sur la préservation de l'économie, de la biodiversité, du paysage et de l'identité que le PTMB accorde à notre territoire.
2. Il ne fera ni agriculture biologique ni une agriculture cohérente avec son environnement.
Les cultures de l’Agroparc seront en confrontation avec des terres de culture biodynamique et biologique, ainsi que de petites cultures qui s’intègrent dans le territoire et qui constituent l’agriculture traditionnelle de notre région. En effet, il convient de noter que cela fait partie des objectifs approuvés par le plan stratégique de l'AOC Penedès, l'engagement que, a partir de la récolte de 2025, 100 % du vin produit dans cette AOC soit ecologique.
Dans ce sens, bien qu'Ametller prétende produire de manière “durable” et “respectueuse” de l'environnement, ses aliments ne disposent d'aucune certification offrant des garanties sur l'idée que l'on souhaite transmettre aux consommateurs et aux citoyens en général.
3. Il rompt le connecteur écologique entre des espaces naturels protégés catalogués au PEIN (Roques Blanques et Montserrat et les Montagnes de l’Ordal).
Le périmètre projeté pour l'Agroparc, qui limite avec la rivière Anoia, se situe dans le connecteur écologique défini par le plan d'aménagement du territoire entre les espaces d'intérêt naturel des Roques Blanques et de Montserrat jusqu'aux Montagnes de l'Ordal. Les connecteurs écologiques sont établis, selon la réglementation, “pour garantir au maximum la perméabilité écologique entre les zones d'intérêt naturel”. Comme l'Agroparc impliquera une utilisation sur-intensifiée de l'espace, tant au niveau agroalimentaire qu'industriel et logistique, il ne répond pas aux besoins actuels en matière de biodiversité et n'est pas cohérent avec le plan d'aménagement du territoire.
4. Ne respecte pas la zone de chasse de l'Aigle royau et menace l'habitat d'autres espèces.
Il mettra en danger l'Aigle royau, espèce protégée qui est menacée et en régression préoccupante. L'Aigle trouve dans l'espace délimité, y compris le sol urbanisable de Can Joncoses, une zone de chasse préférentielle et proche de la zone de reproduction identifiée à Gelida. Précisément, parmi les facteurs de menace de l'espèce se trouvent l'augmentation urbanistique et d'infrastructures et l'abandon de l'agriculture extensive (qui entraînent la perte de qualité des territoires, la réduction des proies ou l'excès de perturbations).
De même, l'espace projeté pour l'Agroparc sert d'habitat et/ou de zone de passage pour plus qu'une quatre-vingtaine d'autres espèces protégées, qui pour la plupart, ces dernières années ont également connu un grave déclin dû à divers facteurs.
5. Implante
hivernacles et cultures irriguées dans une zone agricole
de
sec..
Dans le cadre de l'Agroparc, il est prévu de construire 21 ha "de serres technologiques" sur un sol non urbanisable, en alléguant qu'ils disposeront d'un système numérisé qui permettra une plus grande efficacité dans la production. La réalité est, cependant, que ce système de production agricole intensive nécessitera l'utilisation de plus d'énergie et une plus grande quantité de ressources hydriques que l'agriculture traditionnelle (et durable) de sec à sec - comme la vigne - en plus des autres conséquences négatives que ce type de construction peut avoir sur l'environnement naturel où il est prévu de les implanter.
6. Implante 15 ha de panneaux photovoltaïques sur terrain agricole.
L'installation de panneaux solaires est présentée comme une nouveauté révolutionnaire et inoffensive, mais tant l'extension que la localisation des panneaux rendent son implantation écologiquement inviable. De plus, il faut tenir compte de l'opposition et du mouvement social qui s'est développé ces derniers mois contre les centrales solaires sur des terres agricoles.
7. N'optimise pas le sol industriel existant et créera une nouvelle zone industrielle inutile.
Bien que le terrain de Can Joncoses ait été requalifié d'agricole à urbanisable, il n'a jamais cessé d'être un espace de valeur écologique et, malgré l'idée qui est censée être étendue, ce n'est pas un sol stérile ni abandonné. Dans la zone de Can Joncoses passe le corridor écologique du Torrent de Can Joncoses, et toutes les espèces de faune mentionnées précédemment s'y trouvent. En fait, le groupe municipal maintenant à la tête du gouvernement local de Gelida, en 2019, déclarait dans son programme électoral que l'industrie devait aller "dans les zones industrielles déjà existantes et où nous avons beaucoup d'espace disponible, sans nuire à Can Joncoses." Cette position semble avoir disparu depuis les dernières élections gagnées.
Avec indépendance même par rapport à la valeur naturelle de la zone, nous devons nous demander : est-il nécessaire de construire plus de bâtiments industriels alors qu'à Gelida même, nous avons des bâtiments construits avec un niveau d'occupation nul ou insuffisant ? Il n'a aucun sens de construire une zone industrielle alors que nous avons des bâtiments vides et des zones industrielles inutilisées dans tout le pays et dans toute la région (dans le Penedès, nous avons plus de 200 ha de zones industrielles construites et inoccupées).
8. L'activité industrielle augmente de 77 % par rapport au POUM en vigueur.
Selon les données du projet lui-même d'Ametller, actuellement, le sol d'activité de la zone de Can Juncoses est de 13 ha, cependant dans sa nouvelle proposition Agroparc, sous prétexte de préserver des sols spéciaux de vigne et des sols spéciaux de valeur naturelle (comme le connecteur écologique du torrent de Can Juncoses), ils augmentent de 77 % ce sol d'activité, jusqu'à 23 ha.
Passant ainsi d'un parcelle compacte à trois zones d'activité séparées qui s'étendent de la source du Claro jusqu'au-delà du pont de l'AVE et qui devront nécessairement être interconnectées.
9. Cela représente un impact paysager et environnemental important.
Gelida est la porte de l'Alt Penedès, son mosaïque agroforestier et viticole constitue une frontière environnementalement préservée au sud de la région métropolitaine. Cependant, l'implantation d'un paysage AgriTech, lié à un parc industriel et géré comme un parc d'attractions, redéfinit les limites d'activité industrielle qui jusqu'à présent ont été circonscrites aux zones industrielles. En dispersant dans le paysage agricole les entrées de matière, d'énergie et de déchets relatifs à une activité de cette ampleur industrielle et touristique, un changement déterminant dans la gestion du paysage est introduit. La confluence du parc industriel de Can Juncoses avec les nouvelles installations du parc agricole qui y est lié créera la nécessité de disposer de réseaux électriques, d'eau et de communications internes, avec les conséquences associées telles que la pollution acoustique, lumineuse, et celle produite par les déchets.
Il en résulte un engagement envers le visage, l'identité, le caractère et les relations agroécologiques dans un territoire vulnérable, précieux et fini.
10. Cela entraîne une forte pression de mobilité et humaine sur le territoire.
En ce qui concerne la mobilité générée par le projet Agroparc, il convient de noter que, d'une part, un flux d'environ 90 000 visiteurs par an (équivalents à 250 visiteurs par jour) et 1 000 travailleurs est prévu, et d'autre part, l'ampleur et l'importance du projet entraîneront une mobilité motorisée de marchandises, tant pour les matières premières que pour les emballages, les produits finis et les déchets. Le volume quotidien de poids lourds sera, sans aucun doute, très considérable. L'intensification de la mobilité dans la zone entraînera une pression environnementale qui sera manifestement négative et perceptible tant directement qu'indirectement, avec une seule route d'accès, la BV-2249, qui ne peut pas absorber un flux de véhicules aussi important et qui de plus traverse un noyau habité.
11. Non est un système de cycle fermé.
Bien que l’Agroparc soit promu comme un projet totalement durable et de cycle fermé, plusieurs facteurs nous indiquent que cela ne sera pas une réalité. Il est nécessaire de contextualiser et de se rappeler l’ampleur de l’activité d’Ametller. Pour pouvoir produire tout ce qui est proposé dans l’Agroparc, il faudra acheminer une quantité énorme de produits provenant d’autres endroits, et, entre autres choses, il nécessitera une quantité d’eau bien supérieure à celle que le territoire peut supporter - rappelons, de plus, l’implantation de cultures deirrigation sur un sol sec -. Dans ce contexte d’urgence climatique, il n’est pas cohérent de développer et d’exécuter ce type de méthodologies.
12. Il prétend simuler un modèle de production et de commerce de proximité et cela le nuit.
En fin de compte, l’Agroparc se développe sur la base d’un modèle entrepreneurial d’intégration verticale de croissance soutenue, non durable, qui dénature la valeur de la proximité et ne peut pas être soutenu sans externalités, malgré le fait qu’il se présente comme une activité de cycle fermé et sous l’apparence de l’agriculture de kilomètre 0.
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1 Projet : “Avancement de la planification pour l’implantation d’un PROJET D’INTÉRÊT TERRITORIAL. Dans les domaines de CAN JONCOSES-LA TALAIA, CAN MATA D’ABELLÓ ET CAN FONT DE L’ALZINAR” (Date : 2021.09.20)
2 Vous pouvez consulter tous les documents de la Modification du POUM de Gelida a cette url : https://stopagroparc.cat/mpoum-gelida-2022