L'Aigle Cuabarrada (Aquila fasciata) est l'une de nos espèces les plus précieuses, classée en Catalogne comme menacée et en Danger D'Extinction. Cet aigle, avec son vol majestueux, concentre aujourd'hui une grave préoccupation à Gelida, où le projet Agroparc d'Ametller Origen se superpose complètement à sa zone de chasse principale et la plus importante (appelée Kernel 80%par des experts).
Indépendamment des voies judiciaires, et même s'il n'y avait pas de processus contentieux ouvert ni d'incidents cautelaires en relation avec ces travaux, ce que l'Administration devrait faire est très clair : garantir la survie de cette espèce. Le problème est qu'elle ne le fait pas, et les rapports environnementaux le démontrent avec force. Cette inaction a été, précisément, la raison pour laquelle une plainte formelle a été déposée auprès de l'Unité Régionale de Médi Environnement (URMA) des Mossos d'Esquadra le 1er octobre 2025.
Le Pacte Inéluctable : Créer une Nouvelle Maison Avant de Détruire l'Ancienne
Dès le départ, dans le processus de traitement de l'Agroparc, les organismes environnementaux de la Generalitat ont établi des exigences strictes pour pouvoir développer le projet : quelles que soient les actions dans cette zone critique, elles étaient conditionnées à l'implémentation d'une série de mesures compensatoires qui devaient être exécutées de manière effective et réussieavantde commencer les travaux. Ceci est l'obligation centrale de l'Administration : s'assurer que le promoteur respecte cette prémisse fondamentale.
La Déclaration Environnementale Stratégique (DES) a établi que la mesure principale est l'exécution d'un Plan Pilote. L'objectif de ce plan est simple : élargir les habitats de chasse favorables et compenser les zones qui seront perdues à cause de l'implantation de l'Agroparc. Pour y parvenir, il fallait :
- Améliorer l'Habitat: Effectuer des actions dans des lieux comme Can Font et Can Mata pour favoriser les proies principales de l'aigle (lapins, perdrix), comme la création de refuges, de points d'eau et de colombiers.
- Compenser le Territoire: Acquérir ou gérer, par le biais d'accords de conservation, une surface equivalente (environ 25 hectares) à la Serra de l'Ordal (Zone XN2000) pour la transformer en habitat de chasse de haute qualité.
L'Épreuve de Feu qui Conditionne Tout
Mais la partie la plus importante et que l'Administration a l'obligation de faire respecter est l'épreuve de feu : le projet est conditionné à un suivi continu du couple d'aigles. Il est indispensable de réaliser le suivi par radio du mâle de l’aigle à queue barrée..
Cette "épreuve" doit indiquer si les mesures compensatoires fonctionnent réellement et si les aigles ont appris à utiliser les nouveaux espaces. La réglementation est claire : jusqu'à ce que il ait été vérifié par ce nouveau suivi que les aigles peuvent vivre sans la zone affectée, aucun mouvement de terre ou ouverture de chemins dans la zone ne peut être effectué..
Le Service de la Faune et de la Flore (SFF) devrait superviser la mise en œuvre de ce Plan Pilote et donner son approbation.technique aux termes et résultats. Cette fonction de supervision et de validation est de "vital importance" pour garantir la survie de l'espèce.
La Dénonciation Citoyenne : Le 1er Octobre à la URMA
La dénonciation présentée par le Collectif Écologiste Bosc Verd à la URMA des Mossos d’Esquadra le 1er octobre 2025 visibilisait cette défaillance administrative. La citoyenneté exhortait l'Administration à faire son travail: appliquer la loi environnementale et forcer l’arrêt des travaux pour non-respect des exigences indispensables au développement du projet.
Les travaux avaient commencé au mois d’août 2025, et après avoir été paralysés, ils ont redémarré le 18 septembre avec des préparatifs et de grands mouvements de terre sans même avoir commencé l'implantation des mesures compensatoires. Ces travaux, qui incluent l'ouverture de pistes de grande largeur, des mouvements de grands volumes de terre et des installations, se font dans la zone de chasse principale de l'aigle (Kernel 50%).
En réponse à cette dénonciation, les Agents Ruraux, qui avaient suivi de près les travaux depuis leur début, ont demandé au Service de Faune un rapport technique sur la situation.
La Réalité : Destruction Sans Validation
Peu après, les 3 et 8 octobre, le Service de Faune émettait deux rapports extrêmement percutants :
- Les travaux déjà réalisés représentent une "affectation critique" à la paire d'aigles, provoquant une perte directe d'habitat et une augmentation de la perturbation humaine.
- Le promoteur n'a pas accrédité ni communiqué de Plan Pilote formellement, il n'a pas initié le suivi radio du mâle, qui est l'élément clé pour évaluer l'efficacité des mesures.
- Le SFF confirmait au début d'octobre que il n'y a pas de constatation de l'exécution ni du fonctionnement de aucune mesure compensatoire préalable. Bien que certaines interventions à Can Font (colombier, point d'eau, friche) aient été initiées les jours précédant le premier rapport, après le début des mouvements de terres, son succès n'a pas été prouvé par le suivi.
- Cette absence de compensations, associée à l'ampleur des travaux, génère un "risque élevé d'affectation irréversible" à la viabilité de la paire.
Pour toutes ces raisons, le Service de Faune et Flora concluait que les interventions étaient "incompatibles" avec la conservation de l'aigle dans l'état actuel et proposait d'arrêter immédiatement toute interventiondans la zone critique.
Les rapports des techniciens confirmaient tous les aspects sur lesquels la plateforme StopAgroprac a été alertée depuis le début, face aux interventions délibérées de la promotrice basées sur une politique de faits accomplis.
Et malgré tout, les travaux continuent...
Tout i ainsi, malgré la clarté et la fermeté des derniers rapports techniques du Service de Faune et Flora, personne n'a arrêté les travaux, qui ont continué à un rythme effréné durant ces semaines. Les inspections ultérieures des Agents Ruraux attestent de ce que malgré les Rapports sur la Faune, et la constatation de la non-conformité aux exigences établies pour le développement du projet, les travaux se poursuivaient dans les days suivants.
En résumé, le devoir de l'Administration est simple, mais crucial : elle doit activer le frein et dire non. Elle doit mettre la protection d'une espèce en danger d’extinction au-dessus des intérêts constructifs privés, en exigeant la présentation, l’ implémentation, la vérification et la validation du succès du Plan Pilote avant que la totalité de son habitat critique ne soit détruite, ce qui, il ne faut pas l'oublier, pourrait constituer un délit environnemental, conformément à ce que stipule l'article 334 du code pénal. Si elle permet que le projet continue sans la preuve environnementale nécessaire, elle joue avec la viabilité irréversible d'un de nos trésors de la faune.