Se rendre au contenu

Les clarifications du Directeur Général de l'Environnement : l'excuse parfaite pour désactiver la protection des aigles de Gelida

14 février 2026 par
Administrator

🔑Le document clé pour comprendre ce qui se passe, et sur lequel s’appuie Ametller Origen pour justifier son action des derniers mois

Quand la Déclaration Environnementale Stratégique (DAE)[1] de l'Agroparc en avril 2023, il semblait que le cadre juridique pour protéger les aigles à queue fourchue de Gelida, une espèce menacée d'extinction, avait été établi. La DAE est claire : les travaux ne pouvaient pas commencer sans un Plan Pilote préalable qui démontre, par suivi GPS, que les aigles pouvaient survivre sans la zone affectée par l'Agroparc. Cependant, seulement deux mois plus tard, un document d’"éclaircissementsémis par le Directeur Général des Politiques Environnementales a changé ce cadre de protection, ouvrant la porte à la destruction que nous vivons aujourd'hui.

🔃Un changement de conditions à la demande d’Ametller Origen

Les éclaircissementssignés le 8 juin 2023, n'ont pas résulté d'une révision technique d'office, mais d'une demande par e-mail de Ametller Origen et ont été incorporés au dossier seulement quelques jours avant l'approbation définitive de la modification du POUM par la Commission d’Urbanisme du Penedès. Ce document, dont les Naturalistes de Gelida n'ont pris connaissance de l'existence qu'après avoir reçu le dossier judiciaire du contentieux, vise à modifier des points substantiels de la DAE sans avoir passé par aucun processus d'exposition publique ni d'examen citoyen.

Voici les trois points où les clarifications « visent à modifier » ce que stipule la protection de l'environnement:

  1. Les travaux industriels sont dissociés du Plan Pilote. Alors que la DAE subordonne "les mouvements de terres et la construction du Projet Agroparc" au succès du Plan Pilote, le Directeur Général «précise» dans son document que cette condition ne s'appliquait qu'à la construction de serres de plus de 3 hectares. Cela ouvre la voie aux travaux des bâtiments industriels, à la viabilité et aux mouvements de terres massifs à Can Joncoses, qui ont commencé immédiatement, bien qu'ils soient situés en plein cœur de la zone de chasse (Noyau 50%) des aigles.
  2. La redéfinition du "chemin rouge". La DAE est catégorique :"il ne sera pas possible d'agir sur le chemin signalé par une ligne rouge" (le chemin de la Talaia) jusqu'à vérifier la sécurité de l'espèce. L'éclaircissement, cependant, a introduit la possibilité d'y réaliser "des interventions d'aménagement et d'entretien". Et l'entreprise est allée encore plus loin. Sous cette supposée étiquette de "maintenance", ce qui a finalement été permis est la destruction d'un tronçon du chemin, avec une excavation profonde qui a totalement annulé la fonctionnalité de la voie et a arraché la masse forestière adjacente, selon ce que lesécologistes ont dénoncé en décembre 2025..
  3. De la précaution au fait accompli.Cette réinterprétation du Directeur Général a vidé de son contenu le principe de précaution qui régit la DAE. En permettant que l'essentiel de l'urbanisation avance sans attendre les résultats scientifiques du suivi GPS, le Directeur Général a facilité une politique de faits accomplis. Indubio pro natura: lorsqu'il y a un doute sur le fait qu'une interprétation puisse causer un préjudice environnemental, il faut choisir l'option la moins nuisible pour la nature ; c'est-à-dire que l'interprétation la plus protectrice doit prévaloir.

🆘Les conséquences : Un impact "critique et irréversible"

Le résultat de cette modification "par la porte de derrière" est aujourd'hui bien tangible. Les rapports les plus récents du Service de Faune et Flora d'octobre 2025 confirment que les travaux exécutés sous ces clarifications n'ont pas respecté les exigences stipulées par les techniciens du Service et représentent déjà un impact critique et irréversible pour le couple d'aigles.

Comme l'a averti une magistrate du TSJC dans son vote particulier, permettre des travaux sans les garanties environnementales de la DAE pourrait signifier la "consommation de l'extinction des aigles". Depuis StopAgroparc, nous continuerons à dénoncer qu'un document d'clarifications non publié ne peut jamais primer sur une Déclaration Environnementale Stratégique ni sur le devoir de protéger notre patrimoine naturel le plus menacé.


[1] La DAE est un acte administratif prescriptif, essentiel et contraignant, préalable à l'approbation de la modification du POUM, qui est élaboré comme résultat du processus d'Évaluation Environnementale Stratégique. Il recueille toutes les conclusions de l'évaluation, les conditions et les mesures préventives, correctives et compensatoires qui doivent être obligatoirement incorporées.


Images du chemin de la Talaia signalé en rouge dans la DAE :

Cami de la Talaia excavatCami marcat en vermell per la DAECami de la Talaia destruit


Chemin de la Talaia le 11 novembre 2025, quelques semaines avant la destruction:

StopAgroparc ne reculera pas face à la tentative d'Ametller Origen de faire taire la défense du territoire