L'impunité avec laquelle Ametller Origen agit pour la construction de l'Agroparc à Gelida a atteint un point incroyable. Depuis la plateforme StopAgroparc, nous voulons vous informer des nouvelles actions que nous avons entreprises pour arrêter ce que nous considérons comme une véritable atteinte au territoire et à la biodiversité.
Le mensonge du chemin de la Talaia : de "réparation" à destruction totale
Début décembre, nous avons vu comment le chemin public qui connectela Talaia à la Ferreria. Les panneaux indiquaient qu'il s'agissait de simples "travaux de réparation", une excuse qui s'est révélée être un mensonge flagrant.
La réalité est désolante : le 14 décembre, nous avons constaté que le chemin n'était pas en train d'être réparé, mais qu'il a été complètement annulé et profondément excavé avec des machines lourdes. Là où il y avait un sentier historique, il y a maintenant un énorme trou, et la masse forestière du alentour a été arrachée sans aucun scrupule.
Cette action est particulièrement grave car :
- Ils ont littéralement traversé, encore une fois, une "Ligne Rouge": La Déclaration Environnementale Stratégique (DES) du projet Agroparc interdit explicitement d'agir sur ce chemin, signalé précisément par une ligne rouge sur les plans officiels. Qu'est-ce que la Déclaration Environnementale Stratégique (DES) ? C'est le document final et contraignant qui est élaboré à la suite du processus d'Évaluation Environnementale Stratégique. Il recueille toutes les conclusions de l'évaluation, les conditions et les mesures préventives, correctrices et compensatoires qui doivent être obligatoirement incorporées.
- Ils ont ignoré, encore une fois, la protection de l'aigle: Ce chemin se trouve au cœur de la zone d'alimentation principale de l'aigle à queue fourchue, une espèce en danger d'extinction. La DAE disait clairement qu'il ne fallait pas toucher ce chemin tant qu'il n'était pas prouvé scientifiquement que les aigles pouvaient survivre sans cette zone, ce qui n'a pas été fait.
D'autre part, comme nous l'avons déjà informé (Alerte rouge à Gelida), Ametller Origen ignore systématiquement les rapports du Service de Faune et Flore de la Generalitat. Les faits sont scandaleux:
- Le 3 octobre, la Generalitat a statué que les travaux devaient être arrêtés, car ils causent déjà une "affectation critique" aux aigles et qu'ils sont incompatibles avec leur conservation.
- Le 6 octobre, les Agents Ruraux et les Mossos se sont rendus sur les chantiers pour ordonner leur arrêt, mais la direction du projet a refusé de arrêter en affirmant que tout était légal.
- Le 8 octobre, un nouveau rapport de la Generalitat réitère l'affectation critique aux aigles.
- Depuis lors, empêchant le risque irréversible de détruire le couple d’aigles de Gelida, les travaux continuent à un rythme effréné.
Pour toutes ces raisons, le 19 décembre dernier, nous avons déposé deux plaintes auprès de l'Unité Régionale de l'Environnement (URMA) des Mossos d'Esquadra, où nous demandons:
- Qu'il soit déclaré immédiatement l’arrêt urgent des travaux d'annulation et d'excavation sur le chemin public qui va de la Talaia à la Ferreria, étant donné le risque d'impact critique et irréversible sur l'aigle à queue fourchue.
- L'ouverture d'une enquête approfondie sur les faits dénoncés pour possible délit environnemental..
- Aurétablissement immédiat de la fonctionnalité du chemin public, le ramenant à son état antérieur à l'excavation et à l'annulation.
- Qu'un dossier administratif correspondant soit ouvert pour la destruction d'un bien d'usage et de service public et l'excavation réalisée dans un tronçon protégé par la DAE/EAE.
Nous avons également présenté des instances à l'Mairie de Gelida et à la Generalitat, dénonçant la destruction du chemin protégé de la Talaia, tout en exigeant l'arrêt immédiat des travaux et le rétablissement du chemin public.
L'Agroparc est vendu comme un projet durable, mais la réalité des machines excavant sur des habitats protégés nous prouve le contraire. La justice est lente, mais elle arrivera.
Nous continuerons à lutter par tous les moyens et devant les tribunaux.